Abstracts
Résumé
Cet article propose une analyse du roman Sacrée Montagne de fou (1996) de l’écrivain acadien Ulysse Landry, une oeuvre qui mérite une attention renouvelée tant pour la représentation singulière qu’elle propose de la ville de Moncton (rebaptisée « Jonesville ») que pour le discours environnemental qui y est développé. Contrairement aux écrivains phares de la littérature urbaine acadienne tels que Gérald Leblanc et France Daigle, qui ont contribué à mythifier Moncton en tant que « capitale littéraire », Landry dépeint un espace urbain dystopique et aliénant. L’étude examine d’abord l’usage du motif du « village planétaire » comme outil de dénonciation des dérives sociales et écologiques du néolibéralisme. Elle met ensuite en lumière la conscience environnementale explicite qui traverse le roman. En replaçant Sacrée Montagne de fou dans une perspective critique renouvelée, l’article vise à réévaluer la contribution de Landry au corpus littéraire acadien contemporain.
Abstract
This article offers an analysis of the novel Sacrée Montagne de fou (1996) by Acadian writer Ulysse Landry, a work that warrants renewed attention both for its unique depiction of the city of Moncton (renamed “Jonesville”) and for the environmental discourse it articulates. Unlike key figures of Acadian urban literature such as Gérald Leblanc and France Daigle, who helped mythologize Moncton as a “literary capital”, Landry portrays a dystopian and alienating urban space. The study first examines the use of the “global village” motif as a tool for denouncing the social and ecological shortcomings of neoliberalism. It then highlights the explicit environmental consciousness that permeates the novel. By placing Sacrée Montagne de fou within a renewed critical perspective, the article aims to reassess Landry’s contribution to the contemporary Acadian literary corpus.
Appendices
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