Ce dossier est le résultat d’un séminaire donné dès septembre 2022 à la fin du mars 2023 au Centre canadien d’études allemandes et européennes (CCÉAE). Lors de 12 rencontres bimensuelles, nous avons lu étroitement le premier livre du Capital de Marx en le collationnant avec la version allemande. Ce projet, actuellement en cours avec le livre trois, ne serait pas réalisable sans la solidarité de plusieurs personnes. Tout d’abord, je dois remercier Laurence McFalls, le fondateur de ce centre unique, qui a accepté ma suggestion. Deborah Barton, la présidente actuelle, ainsi que le coordinateur Luca Sollai, dont leurs contributions sont inestimables jusqu’à présent. Longtemps avant l’initiation de ce projet, Barbara Thériault a gentiment suggéré ce séminaire au CCÉAE. Enfin, Étienne Simard a fait une relecture de cette introduction. J’aimerais remercier du fond du coeur ces collègues ainsi que mes camarades, personnes participantes et contribuantes. Bien que le nombre de personnes participantes ait été varié lors de séances, six participants ont finalement envoyé leurs contributions pour ce dossier. Dans « Le fétichisme numérique : Lire Marx à l’ère du capitalisme dématérialisé », Laurence McFalls essaie de faire une mise à jour du concept marxien de fétichisme présenté dans la dernière section du premier chapitre du Capital en y intégrant un nouveau concept, notamment « la donnée numérique ». Le résultat est, selon l’auteur, une nouvelle forme du fétichisme, le fétichisme numérique, qui correspond à une nouvelle ère du capitalisme, le capitalisme dématérialisé. Le deuxième texte de ce dossier, « Marx et la méthode critique de l’économie politique », par Étienne Simard, élabore la complexité de la méthode marxienne. À cet objectif, l’auteur mobilise une grande gamme de textes de la littérature secondaire, en français et en anglais, mais aussi en italien. L’objectif est de dévoiler l’arme méthodologique cachée derrière les phrases dans ce livre. Dans « Que faire des lois économiques naturelles dans Le Capital ? », Pierre-Olivier Lessard explore l’enjeu de la naturalité des lois économiques dans ce premier livre. L’auteur vise à montrer, à travers l’analyse de plusieurs passages, que l’usage apparemment paradoxal du terme « naturel » n’est que l’apparence d’un paradoxe. Dans le quatrième texte de ce collectif, et la contribution la plus sociologique, « L’armée industrielle de réserve chez Marx : retour sur l’un des facteurs de la loi générale de l’accumulation capitaliste », Nathan Brullemans-de Brouwer parle de l’armée industrielle de réserve. Il y défend une lecture non-économiste de cet enjeu dans Le Capital. Christophe Gagnon-Richard élabore une analyse d’un terme fondamental dans les études marxiennes, notamment « contradiction ». L’auteur argumente pour un usage double de ce terme : la contradiction entre les forces productives et les rapports de production, d’une part, et la contradiction au sein du processus de l’accumulation capitaliste, d’autre part. Le dernier article, « “Miroir” ou “Mirage” », essaie de décortiquer la raison de la substitution du premier mot (Miroir) dans la postface de la deuxième édition en allemand, par le deuxième mot (Mirage) inséré personnellement par Marx dans le texte en français publié quelques années après la première édition. Le texte argumente pour une continuité dans l’épistémologie marxienne. Ce projet de publication des actes continuera pour livres deux et trois.
Introduction. Actes du séminaire du premier livre du CapitalCentre canadien d’études allemandes et européennes (2022 – 2023)[Record]
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Kaveh Boveiri
Université de Montréal
Université du Québec à Montréal
