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Comptes rendusÉtudes stratégiques et sécurité

L’autonomie stratégique de l’Union européenne. Perspectives, responsabilité, ambitions et limites de la défense européenne, Nicolas Clinchamps et Pierre-Yves Monjal (dir.), 2015 Bruxelles, Éditions Larcier, 304 p.[Record]

  • Cem Savaş

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  • Cem Savaş
    Assistant de recherche, Département de science politique et Relations internationales, Istanbul Esenyurt University, Istanbul, Turquie

Comme son titre l’indique, cet ouvrage collectif dirigé par Nicolas Clinchamps et Pierre-Yves Monjal explore les divers enjeux de la défense européenne à partir de l’idée d’autonomie stratégique de l’Union européenne (ue). L’ouvrage rassemble les actes du colloque organisé le 8 novembre 2013 à l’Université Paris 13 sur ce sujet. Ouvrage centré sur une perspective globale qui regroupe les aspects à la fois techniques, économiques, stratégiques et politiques de la défense européenne, l’un des points centraux de celui-ci touche d’ailleurs au concept de l’« Europe puissance » qui remonte déjà aux années 1970. Selon Michel Barnier, ancien commissaire européen, l’« Europe puissance » est dotée de ces quatre piliers : l’économie, la monnaie, la sécurité et la défense. En se questionnant à savoir si l’Europe est vraiment construite sur une idée de puissance, les auteurs de l’ouvrage soulignent une problématique toujours vivante qui encadre les différentes approches des États membres à propos de la notion d’« Europe puissance » et celle de la « défense européenne ». Du fait qu’il s’agit d’une contradiction entre la défense commune de l’Europe et la souveraineté des États, c’est surtout les grands acteurs qui accordent de l’importance à la « défense européenne » face aux autres acteurs pour lesquels il est plutôt préférable de déléguer la défense à une organisation comme l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (otan). Aux yeux de ces derniers, l’Europe doit plutôt représenter une puissance civile autour d’un rayonnement de son modèle économique et démocratique. L’ouvrage est ainsi organisé autour de quatre grandes parties intitulées « Le cadre conceptuel et institutionnel de l’autonomie stratégique de l’Union européenne » (I), « L’environnement international de l’autonomie stratégique de l’Union européenne » (II), « Le volet industriel et financier de l’autonomie stratégique de l’Union européenne » (III) et en dernier lieu « Aux frontières de la défense européenne : coopération et comparaison » (IV). Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les menaces contre la sécurité européenne ne cessent de prendre de nouvelles formes tels le terrorisme transnational, la prolifération des armes de destruction massive, la criminalité organisée, les phénomènes migratoires, la cybercriminalité et la sécurité énergétique. Dans ce cadre, l’originalité de cet ouvrage réside dans sa problématique centrale, qui vise à élucider pourquoi et comment la défense européenne devient le symbole même du paradoxe européen. Nicolas Clinchamps, dans son introduction, soutient que la défense reflète un malentendu historique pour l’ue en accentuant la représentation fédérale de la construction européenne et les limites relatives à la défense européenne. Il précise que la défense européenne reste un domaine ambigu en parallèle des autres domaines de l’ue et que celle-ci, dépourvue de sens, reste une compétence régalienne des États et donc, souffre d’une autonomie. Quant à Anne Froment, dans sa contribution intitulée « Le concept de sécurité commune : vers une mise en oeuvre effective ? », elle met l’accent sur le vrai sens de la logique intergouvernementale de la défense commune de l’ue. Selon Froment, il vaut mieux évoquer d’une « stratégie de sécurité conjointe » au lieu d’une « stratégie de sécurité commune » à cause de l’empreinte de la souveraineté des États européens dans ce domaine. D’un côté, le défi provient du fait que ce sont les États qui tendent à traiter les questions de sécurité ce qui engendre une stratégie conjointe de sécurité au sein de l’Union. De l’autre côté, la notion de sécurité commune au niveau européen se pose tout en fragilisant la question de la souveraineté étatique. Donc, la convergence des politiques nationales des États membres en matière de la sécurité …