À la suite de la plus grave crise économique mondiale depuis celle des années 1930, cet ouvrage collectif se penche de manière très actuelle sur la problématique de la réforme de la gouvernance économique globale, ainsi que sur le rôle et les perspectives économiques de l’Union européenne (ue) dans ce contexte. On y constate que, même si les conséquences de la crise économique sont encore très présentes deux ans plus tard, il y a des signes de reprise de la croissance économique dans le monde, à des rythmes très différents. Ainsi, si d’une part les économies industrialisées, notamment celles de l’ue, sont encore confrontées à une performance économique stagnante, les principaux marchés émergents sont revenus aux rythmes de croissance d’avant la crise. Cet ouvrage collectif est divisé en deux parties. Dans la première partie, on s’interroge sur les conditions politiques et économiques à la base de la gouvernance économique globale susceptibles de garantir une croissance durable. Les auteurs considèrent que la nouvelle architecture devra nécessairement refléter les équilibres des forces d’après la crise pour être crédible. La contribution de Bruni se focalise sur la relation étroite entre la stabilité financière et les politiques monétaires. Bruni considère en effet que la crise financière internationale amorcée en 2007 est un échec du système de gouvernance économique globale. Il affirme que la stabilité financière peut être considérée comme un objectif des politiques monétaires. Les perspectives financières et monétaires de la gouvernance économique globale impliquent des réformes institutionnelles et des changements dans les stratégies politiques sur la base d’une coordination au niveau international. Mistral met l’accent sur l’importance d’une coopération transatlantique renforcée dans le cadre des politiques macroéconomiques et de régulation financière. Il considère également que cela impliquerait un meilleur fonctionnement des réunions du G20. La première partie de cet ouvrage se termine avec un éclairage de Wang sur le lien entre la croissance économique et le leadership politique en Chine. Cette contribution se focalise notamment sur le rôle que la Chine est appelée à jouer dans les prochaines années sur le plan international. Dans la seconde partie, les auteurs se penchent sur l’ue, et notamment sur la zone euro, et suggèrent des changements à entreprendre, tant au niveau des dynamiques internes qu’en termes d’actions extérieures, pour éviter d’être une zone de basse croissance. Rossi se focalise sur trois scénarios pour l’ue à l’horizon 2020 : le scénario « solidarité et discipline » dans lequel l’ue développe une coopération économique plus rigoureuse permettant une croissance modérée, le scénario « restructuration en désordre » dans lequel les tentatives de coopération échouent et le scénario « nouvelle opportunité » qui se base sur une plus forte croissance économique au sein de l’ue à travers l’exploitation du potentiel du nouveau contexte international. Dans sa contribution, Schwarzer offre des éclairages sur la réforme de la gouvernance économique européenne à la suite de la crise de la dette souveraine. En effet, la crise économique a montré les divergences et également les interdépendances des économies européennes ainsi que les limites des systèmes de gouvernance. Schwarzer considère également que le rôle que l’ue saura jouer au niveau international dépend de sa manière de faire face à ses problèmes internes. Une relance de la représentation extérieure de l’ue et de la zone euro dans les questions économiques et financières sera aussi nécessaire. Altomonte, Passarelli et Secchi considèrent que le débat est trop centré sur des solutions à court terme alors qu’il est nécessaire de s’interroger sur les réformes structurelles à long terme. Dans ce contexte, les auteurs suggèrent des décisions visant …
Global Governance and the Role of the EU. Assessing the Future Balance of Power, Carlo Secchi et Antonio Villafranca (dir.), 2011, Cheltenham, Edward Elgar, 190 p.[Record]
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Alessia Biava
Global Studies Institute, Université de Genève
