L’auteure de l’ouvrage, Lisa Schirch, est professeure à la Eastern Mennonite University en Virginie et chercheure au Centre pour la justice et la consolidation de la paix de cette même institution. Elle est également la directrice de la Alliance for Peacebuilding’s Program on Human Security. Au fil des ans, en plus de ses recherches (qui ont abouti à des dizaines de publications), elle a développé une expertise pratique conséquente, puisqu’elle a mené des évaluations de conflit et planifié des projets de consolidation de la paix dans plus de 20 pays, dont l’Afghanistan, l’Irak et le Pakistan. Le livre se compose de 13 chapitres. Le premier, une introduction de près de 40 pages, présente les principaux concepts utilisés dans les pages suivantes et passe en revue les problèmes les plus fréquents dans l’évaluation de conflit et dans la planification de projets de consolidation de la paix. Le deuxième chapitre expose les différentes méthodes de recherche – tant quantitatives que qualitatives – pouvant être utiles dans la récolte des données nécessaires à l’élaboration de projets de consolidation de la paix, ainsi que leurs limites. Sont aussi abordées les questions de la qualité et de la validité des données récoltées, de la subjectivité du praticien et de l’impact de cette dernière sur le projet. Après une brève présentation, dans le chapitre 3, des bases de ce qui doit mener à une bonne autoévaluation de la part du praticien, le chapitre 4 expose le cadre d’analyse de l’ouvrage. Ce cadre, assez complexe, combine trois éléments. Le premier est la matrice de questions devant permettre d’analyser en profondeur le conflit et le projet de consolidation de la paix envisagé. Cette matrice est composée des six questions suivantes : Où ? Qui ? Pourquoi ? Quoi ? Comment ? Quand ? Ces questions doivent permettre d’approfondir la réflexion du praticien sur le contexte du conflit, les principales parties prenantes au conflit et à sa résolution, leurs motivations, les facteurs accentuant et restreignant le conflit, les sources de pouvoir des parties prenantes et l’émergence de « fenêtres d’opportunité » dans la résolution du conflit. Le deuxième des trois éléments du cadre d’analyse est le cycle de conception du projet, qui est décomposé en quatre étapes : l’autoévaluation, les perspectives d’évaluation du conflit (conflict evaluation lenses), la théorie du changement (theory of change) et la planification du projet en soi. Enfin, le troisième et dernier élément est la méthode d’analyse swot (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats), qui reflète les quatre axes de questionnement la constituant, à savoir les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces. La combinaison de ces trois éléments forme le cadre d’analyse de l’ouvrage, qui est exposé dans les chapitres 5 à 10. Chacun de ces chapitres est consacré à l’une des six questions du premier élément susmentionné et la décortique en amenant une série de questions basées sur les quatre étapes du deuxième élément. Cette série de questions cherche à explorer les quatre dimensions de l’analyse swot. Chacun de ces six chapitres propose de plus une analyse à trois niveaux afin que le lecteur-praticien puisse l’appliquer à virtuellement tout type de projet, du plus simple au plus complexe. Enfin, le chapitre 11 explique le concept de théorie du changement, qui se définit comme un plan de changement social – allant de la formulation des hypothèses avant la conception d’un projet à la définition des objectifs à long terme –, alors que le chapitre 12 s’attarde sur la planification de projets de consolidation de la paix et que le dernier chapitre explore les concepts de contrôle en …
Conflict Assessment and Peacebuilding Planning. Toward a Participatory Approach to Human Security, Lisa Schirch, 2013, Boulder (co), Kumarian Press, 229 p.[Record]
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Damien Larramendy
Réseau de recherche sur les opérations de paix (ROP), Université de Montréal
