Abstracts
Résumé
Cadre de la recherche : Les recherches sur les transformations de la justice des mineurs ont mis au jour l’injonction croissante à la participation des familles. Ils se sont moins penchés sur les incidences socioéconomiques de ce transfert, probablement en raison d’une focalisation sur le travail des intervenants et intervenantes sociales et à la manière dont les discours et les pratiques professionnelles façonnent des normes institutionnelles en termes de « bonne » parentalité.
Objectifs : Cette étude, conduite en France, suggère de déplacer le regard sur la reconfiguration des rythmes sociaux et familiaux des mères et des pères confronté·es à la justice pénale des mineurs. Dans le prolongement de ces travaux, nous montrons que la recherche d’une plus grande implication parentale tend à leur octroyer un rôle plus central, tout en invisibilisant les inégalités sociales et de genre auxquelles font face ces familles dans ce contexte judiciaire. Il s’agit d’analyser comment ces contraintes exacerbent les inégalités sociales.
Méthodologie : Elle se base sur une enquête ethnographique au sein d’un service territorial éducatif de milieu ouvert (STEMO) de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de plusieurs mois, incluant une quinzaine d’entretiens auprès des jeunes et de leurs parents.
Résultats : Cet article examine les effets du placement judiciaire pénal et de la détention des mineurs sur les familles, tant sur le plan de la réorganisation des rythmes sociaux et professionnels que des rapports entretenus par les parents aux institutions sociojudiciaires. Il montre que le poids de ces épreuves varie selon les ressources sociales et économiques, le genre, et la configuration familiale.
Conclusions : La reconfiguration des rôles et des rythmes familiaux pendant une période de placement ou de détention des jeunes tend à accroître le poids des inégalités sociales et de genre devant les institutions pénales.
Contribution : Cette analyse apporte un éclairage renouvelé à l’étude des transformations des systèmes de justice pénale des mineur·es, en partant du point de vue des parents confrontés à la justice pénale des mineurs. Elle montre que la logique de responsabilisation parentale dans le travail de suivi amplifie les inégalités socioéconomiques, notamment pour les familles immigrées, et les disparités de genre dans la réorganisation des rythmes socioprofessionnels des parents.
Mots-clés :
- jeunesse,
- justice des mineurs,
- socialisation,
- pratiques parentales,
- liens familiaux,
- genre,
- inégalités socio-économiques
Abstract
Research framework : Research on changes of juvenile justice has highlighted the growing emphasis on family involvement. Less attention has been paid to the socioeconomic impact of this shift, probably because of a focus on the work of social workers and how professional discourse and practices shape institutional norms in terms of “good” parenting.
Objectives : This study, conducted in France, suggests shifting the focus to the reconfiguration of the social and family rhythms of mothers and fathers faced with juvenile criminal justice. Building on this work, we show that the quest for greater parental involvement tends to give parents a more central role, while obscuring the social and gender inequalities faced by these families in this judicial context. The aim is to analyze how these constraints exacerbate social inequalities.
Methodology : This study is based on an ethnographic survey conducted over several months within a territorial open educational service of the French public sector of youth protection (Protection judiciaire de la jeunesse), including some fifteen interviews with young people and their parents.
Results : This article examines the effects of juvenile placement and detention on families, both in terms of the reorganization of social and professional rhythms and the relationships maintained by parents with socio-judicial institutions. It shows that the burden of these ordeals varies according to social and economic resources, gender, and family configuration.
Conclusions : The reconfiguration of family roles and rhythms during a period of placement or detention of young people tends to increase the burden of social and gender inequalities before penal institutions.
Contribution : This analysis sheds new light on the study of changes in the juvenile criminal justice systems, based on the perspective of parents confronted with it. It shows that the logic of parental responsibility in follow-up work amplifies socioeconomic inequalities, particularly for immigrant families, and gender disparities in the reorganization of parents’ socio-professional rhythms.
Keywords:
- youth,
- juvenile justice,
- socialization,
- parenting practice,
- family ties,
- gender,
- socioeconomic inequalities
Resumen
Marco de la investigación : La investigación sobre los cambios en la justicia de menores ha puesto de relieve la creciente demanda de participación familiar. Sin embargo, se ha prestado menos atención a las repercusiones socioeconómicas de esta modificación, probablemente debido a la atención prestada a la labor de los trabajadores sociales y a la forma en que los discursos y las prácticas profesionales configuran las normas institucionales en términos de «buena» crianza.
Objetivos : Este estudio, llevado a cabo en Francia, sugiere una nueva mirada sobre la reconfiguración de los ritmos sociales y familiares de las madres y los padres enfrentados a la justicia penal juvenil. A partir de este trabajo, mostramos que la búsqueda de una mayor implicación parental tiende a otorgarles un papel central, al tiempo que invisibiliza las desigualdades sociales y de género a las que se enfrentan estas familias en este contexto judicial. El objetivo es analizar cómo estas limitaciones exacerban las desigualdades sociales.
Metodología : El estudio se basa en una encuesta etnográfica realizada durante varios meses en un servicio territorial educativo abierto (STEMO por sus siglas en francés) gestionado por el sector público de la protección judicial de la juventud en Francia, que incluyó una quincena de entrevistas con jóvenes y sus padres.
Resultados : Este artículo examina los efectos de la reubicación judicial penal y la detención de menores en las familias, tanto en lo que se refiere a la reorganización de los ritmos sociales y profesionales como a la relación entre los padres y las instituciones socio judiciales. Muestra que la carga de estas dificultades varía según los recursos sociales y económicos, el género y la configuración familiar.
Conclusiones : La reconfiguración de los roles y ritmos familiares durante un periodo de reubicación o detención de jóvenes tiende a aumentar el peso de las desigualdades sociales y de género en relación con las instituciones penitenciarias.
Contribución : Este análisis arroja nueva luz sobre el estudio de las transformaciones de los sistemas de justicia penal juvenil, partiendo del punto de vista de los padres que se enfrentan a la justicia penal juvenil. Muestra que la lógica de la responsabilidad parental en el proceso de seguimiento amplifica las desigualdades socioeconómicas, en particular para las familias inmigrantes, y las disparidades de género en la reorganización de los ritmos socio profesionales de los padres.
Palabras clave:
- jóvenes,
- justicia juvenil,
- socialización,
- familia,
- género desigualdades socioeconómicas,
- práctica parental
Appendices
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