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Introduction[Record]

  • Étienne Blais

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À titre d’éditeur invité, je suis honoré d’introduire ce numéro spécial sur la prévention de la violence armée au Québec. Dans ce numéro, la violence armée implique l’utilisation intentionnelle ou la menace de la force physique à l’aide d’un instrument ou d’un dispositif contre une personne ou un groupe, et qui est susceptible d’entraîner des blessures physiques, mortelles, psychologiques, ou autres séquelles (Organisation mondiale de la santé, 2022). Ainsi, il est question de violence interpersonnelle et non de violence auto-infligée comme le suicide ou la mutilation. D’une part, les articles de ce numéro spécial abordent directement la question de la prévention de la violence armée et, d’autre part, mobilisent des résultats de recherche qui ont des implications directes pour lutter efficacement contre cette dernière. Un numéro sur la thématique de la prévention de la violence armée s’imposait à la suite d’une série d’incidents ayant secoué le Québec et plus particulièrement la région de Montréal au cours des cinq dernières années. En plein coeur de la pandémie de COVID-19, la violence a amorcé une recrudescence au Québec après avoir connu une tendance à la baisse depuis le début des années 1990. La figure 1 présente la tendance du taux d’homicide entre 1974 et 2024 dans la province. L’homicide s’avère l’un des indicateurs les plus fiables de la violence. Le taux d’homicide des 10 dernières années est relativement bas comparativement à celui des années 1970 et 1980. Toutefois, il a enregistré trois hausses consécutives (2020, 2021, 2022), avant de se stabiliser en 2023. La hausse des crimes violents par arme à feu est en partie responsable de l’augmentation du taux d’homicide. Statistique Canada rapporte que le taux de crimes violents par arme à feu a connu une croissance plus importante que les autres crimes violents au cours des dernières années (Perreault, 2024). Environ 65 % des premiers impliqueraient une arme de poing dans la région métropolitaine de Montréal. À cet effet, les organisations criminelles sont responsables d’environ la moitié des décès commis par arme à feu. Bien que les données ne soient pas toujours disponibles par province ou région métropolitaine, certains groupes seraient plus vulnérables aux violences par arme à feu. Selon Statistique Canada, il y aurait une surreprésentation des minorités visibles et des Autochtones, et une augmentation de l’implication des jeunes de 12 à 17 ans (Perreault, 2024). Comme mentionné, la Ville de Montréal a été particulièrement touchée. Dans son rapport de 2022, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) rapportait des augmentations respectives de 39,5 % et 27,1 % des homicides et tentatives de meurtre entre 2020 et 2021 (SPVM, 2022). Les crimes contre la personne impliquant une arme à feu ont aussi augmenté de 18,1 % à Montréal pour la même période (SPVM, 2022). À la suite de cette recrudescence de la violence armée, le gouvernement du Québec, les corps policiers, des partenaires communautaires et institutionnels ont uni leurs efforts pour s’y attaquer, particulièrement sur le territoire montréalais. Mieux connue sous le nom de CENTAURE, (Coordination des efforts nationaux sur le trafic d’armes, unis dans la répression et les enquêtes) la stratégie québécoise de lutte contre la violence armée est « une approche coordonnée qui agit à la fois en matière de prévention, de répression, et de développement des connaissances et des compétences. La concertation, la communication et l’établissement de partenariats sont au coeur de chaque intervention » (Gouvernement du Québec, s. d.). CENTAURE prévoit ainsi un financement d’environ 360 millions de dollars pour la période 2018-2019 à 2027-2028 réparti sur trois axes, qui sont la prévention (126,6 millions), la répression (218,3 millions) et le …

Appendices