Abstracts
Résumé
La prévalence élevée des violences sexuelles en milieu d’enseignement supérieur (VSMES) et leur sous-signalement sont bien documentés. Or, nous avons peu d’informations récentes sur l’expérience vécue des personnes qui signalent des VSMES à leur université et dans quelle mesure les services ou ressources de l’établissement répondent à leurs besoins. La présente étude vise à mieux comprendre les expériences de personnes ayant subi des VSMES et ayant signalé la situation à leur établissement; elle éclaire particulièrement sur les éléments facilitants et les contraintes durant leur parcours de signalement. L’échantillon compte 22 personnes francophones provenant de sept universités canadiennes, dont 18 personnes étudiantes. La notion de soutien social ressort comme un élément central et transversal en ce qui concerne tant les éléments facilitants que les obstacles. Dans les témoignages, le soutien ne relève pas exclusivement des équipes d’intervention mandatées par les universités pour l’accompagnement des personnes victimes; le soutien est à envisager tout au long du parcours de signalement, car il implique une pluralité de ressources universitaires, dont les services étudiants. Concernant les obstacles, les plus fréquents sont ceux faisant référence aux dimensions organisationnelles ou structurelles de l’université et à la perception négative de la réponse institutionnelle, soit deux enjeux pour lesquels les établissements disposent d’une marge de manœuvre en vue d’améliorer les services de soutien. Les résultats appuient des propositions pour améliorer les pratiques actuelles d’accompagnement des personnes touchées par ces violences, ainsi que les formations destinées à l’ensemble de la communauté universitaire.
Mots-clés :
- violence sexuelle,
- université,
- signalement,
- soutien social,
- réponse institutionnelle
Abstract
The high prevalence of sexual violence in higher education institutions (SVHE) and its underreporting are well documented. However, recent data remain scarce regarding the lived experiences of individuals who report SVHE to their university and to what extent the institution’s services and resources meet their needs. This study aims to better understand the experiences of individuals who have reported SVHE to their institution and highlights the factors that facilitate or hinder the reporting process. The sample consists of 22 French-speaking participants from seven Canadian universities, including 18 students. The notion of social support emerges as a central theme across both facilitating factors and barriers to reporting. In participants’ accounts, support is not exclusively the responsibility of the intervention teams designated by the institutions to support victims; rather, support should be considered throughout the reporting process because it involves a range of university resources, including student services. Regarding obstacles, the most frequently reported barriers relate to organizational or structural aspects of universities and the negative perception of institutional responses, two areas over which institutions have significant leverage to improve upon. The findings inform recommendations to improve and enhance current support practices for individuals affected by sexual violence, as well as training initiatives aimed at the broader university community.
Keywords:
- sexual violence,
- university,
- reporting,
- social support,
- institutional response

