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Editor's notes and front matterNote de la rédactrice et la matière première

Éditorial[Record]

  • Dale M. McCartney,
  • Kumari Beck and
  • Eva Lemaire

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Dans un article récent intitulé « The Dangers of Dismantling Internationalization » (Les dangers du démantèlement de l’internationalisation), Hans de Wit (2025) remet en question « l’annulation radicale de toute l’internationalisation de l’enseignement supérieur » et appelle à un retour à ce qu’il décrit comme les valeurs « traditionnelles » de l’éducation internationale. Il propose un récit historique de l’internationalisation largement partagé qu’il appelle « de l’optimisme au néolibéralisme ». Dans cette perspective, les années 1980 et 1990 sont décrites comme une période « d’espoir et d’optimisme » au cours de laquelle les établissements d’enseignement supérieur de ce que l’on appelle le Nord Global adoptent l’internationalisation pour soutenir des valeurs telles que « la collaboration, l’échange et la solidarité ». Bien que H. de Wit reconnaisse qu’au tournant du siècle, l’internationalisation était devenue plus « compétitive et axée vers le marché », il suggère qu’elle n’est pas intrinsèquement extractive. Dans son analyse, la crise actuelle de l’internationalisation dans l’enseignement supérieur résulte d’une génération de politiques néolibérales qui l’ont détournée de son but initial, et non le reflet des limites fondamentales de l’internationalisation telle qu’elle a été conçue à l’origine. Ce serait un euphémisme de dire que de nombreux étudiants internationaux 20e siècle seraient surpris d’apprendre que l’internationalisation se voulait déjà collaborative avant l’an 2000. L’histoire de l’internationalisation après la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement celle de la mobilité internationale des étudiants, est indissociable des logiques de la guerre froide et de dispositifs d’aide empreints de visées néocoloniales. Il est vrai que l’éducation internationale n’a pas toujours été aussi commercialisée que sous le néolibéralisme, mais il serait trompeur de suggérer qu’elle était caractérisée par la solidarité ou l’échange mutuel. La mobilité internationale des étudiants, en particulier en provenance de pays non-alignés sur des métropoles capitalistes ou communistes, était un projet néocolonial destiné à remodeler l’ordre mondial en influençant les futurs dirigeants du Sud Global. En Occident, il visait à centrer l’Europe, les États-Unis et leurs alliés sur la science mondiale et le développement économique capitaliste; effort qui, dans une large mesure, a été couronné de succès. Même après la fin de la guerre froide, l’histoire des politiques relatives aux étudiants internationaux dans des pays tels que le Canada, les États-Unis ou l’Australie offre peu d’éléments probants attestant d’un véritable esprit de collaboration ou d’échange (voir, par exemple, Indelicato, 2018; Kramer, 2012; McCartney, 2020). Et pourtant de Wit a raison : toute crise porte en elle une opportunité. La fin apparente d’une ère de l’internationalisation nous invite à en créer une nouvelle, fondée sur des valeurs plus justes et équitables. Toutefois, pour ce faire, il nous faut ouvrir une conversation honnête sur notre implication à la fois dans l’ère néolibérale de l’internationalisation et l’ère néocoloniale qui l’a précédée. Il ne faudrait pas laisser cette prise de conscience nous paralyser mais nous ne pouvons pas non plus faire comme s’il avait jamais existé une époque innocente ou pure dans l’histoire de l’éducation internationale. Sans cette honnêteté tout espoir de construire un avenir fondé sur la collaboration et la solidarité demeure illusoire. Ce numéro d’Éducation comparée et internationale/ Comparative and International Education arrive donc à une période de plus en plus tendue et difficile pour l’éducation internationale. Nos auteurs offrent une analyse éclairante de l’éducation internationale, abordée sous plusieurs angles, contribuant à approfondir notre compréhension à un moment où une réflexion lucide est plus nécessaire que jamais. Tout d’abord, l’article de Marianne Jacquet, « L’équité en acte : retour sur l’expérience d’étudiants.e.s d’origine immigrante inscrit.e.s dans un dispositif novateur de formation initiale en enseignement en Alberta », qui examine la formation d’étudiants …

Appendices