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Comptes rendus bibliographiques

LASSERRE, Frédéric, MOTTET, Éric, COURMONT, Barthélémy (2023) À la croisée des nouvelles routes de la soie. Presse de l’Université du Québec, 253 p. (ISBN 97827660557963)[Record]

  • André Joyal

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  • André Joyal
    Université du Québec à Trois-Rivières

Il s’agit du 11e ouvrage de cette collection dont on remarquera le pluriel étant donné son intérêt pour les processus de transformation des États et des sociétés du continent asiatique. Le directeur de la collection, Frédéric Lasserre, est professeur au Département de géographie de l’Université Laval. Pour les fins de cette publication, il s’est joint à deux enseignants de l’Université Catholique de Lille, Éric Mottet et Barthélémy Courmont. Le trio a fait appel à 16 collaborateurs également répartis entre Québécois et Français qui se partagent les 13 chapitres du volume. Les questions soulevées dès la première page de l’introduction annoncent bien ce à quoi peut s’attendre le lecteur : « Une décennie après le lancement de l’initiative chinoise connue sous le nom générique de Belt and Road Initiative (BRI) ou « Initiative de la ceinture et de la route de la soie », comment interpréter la portée de ces transformations ? Le déploiement de ces « « nouvelles routes » a-t-il abouti à des bouleversements significatifs de l’ordre régional et international ? ». La réponse à un tel questionnement soulève le point suivant : assiste-t-on à des visions concurrentes d’une « Nouvelle Asie ? » C’est ce à quoi cherchent à répondre, dans un premier chapitre, Barthélémy Courmont et Marianne Péron-Doise, celle-ci chercheuse à l’IRSEM et à l’IRIS. Les auteurs attirent l’attention sur la prise de conscience, par l’administration américaine du président Biden, de l’accroissement des rivalités observées dans la Zone Indo-Pacifique. Contrairement à la vision de Donald Trump, on lit que l’approche de Biden accorde un rôle essentiel aux alliés et aux partenaires des États-Unis. Cette attitude n’est pas étrangère au fait que la Chine, tel que signalé, a sans l’ombre d’un doute un projet de développement naval sur l’ensemble de l’Indo-Pacifique. Il en est question dans le livre blanc chinois de 2015 sur la stratégie militaire du pays. Dans le chapitre suivant, Frédéric Lasserre, Jean-Michel Athot, un jeune conseiller au ministère de la Défense du Canada, et Zhan Su, titulaire de la chaire Stephen-A. Jarislowski de l’Université Laval, s’interrogent sur une possible stratégie d’une prise de contrôle de la Route maritime de la soie. On se rapporte ici à la promotion du commerce maritime le long du fort actif axe Chine-Malaca-Suez. Comme signalé, cette stratégie de projets portuaires a donné lieu au concept de « collier de perles » développé peu avant le lancement de la BRI en 2013. De nombreuses cartes couvrant la période 2000-2022 font voir les acquisitions portuaires, les concessions obtenues, les investissements et les contrats de service effectués par les entreprises chinoises. Comme le lecteur pourra en prendre connaissance dans d’autres chapitres, le « piège de la dette » fait l’objet d’interrogations. Les auteurs avouent leur difficulté à déceler une intention délibérée d’endetter les partenaires qui pourraient être victimes de prêts octroyés sans garanties véritables de rentabilité. Du monde maritime, on passe au monde ferroviaire avec un chapitre écrit par Éric Mottet, en relation avec les succès et difficultés du corridor ferroviaire Chine-Singapour. D’entrée de jeu, l’auteur ne cache pas ses doutes sur la faisabilité à moyen terme du projet de tracés de la ligne à grande vitesse entre les pays concernés : Chine, Thaïlande, Malaisie et Singapour. Toute une section traite du fameux « piège de la dette ». Ici, à la construction coûteuse de lignes de chemin de fer s’ajoute la construction de barrages. L’auteur donne l’exemple du Laos, qui serait pris à la gorge. Au chapitre suivant, le lecteur plonge dans l’immatériel avec une entreprise qui a fait couler trop d’encre durant la pandémie de la Covid-19 : Huawei et …

Appendices