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Chronique bibliographique

Maxime St-Hilaire, Les positivismes juridiques au XXe siècle. Normativismes, sociologismes, réalismes, 2e éd. rev. et augm., Québec, Presses de l’Université Laval, 2024, 122 p., ISBN 978-2-7663-0373-1.[Record]

  • Yan Sénéchal

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  • Yan Sénéchal
    Université de Montréal

Le « positivisme juridique », sous ses diverses acceptions, demeure un véritable paradigme dans la culture savante des juristes, sinon dans leur culture professionnelle. En témoigne le succès rencontré par Les positivismes juridiques au XXe siècle. Normativismes, sociologismes, réalismes de Maxime St-Hilaire, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke. Publié à l’origine en 2020, l’« opuscule » s’est vu décerner par le même établissement d’enseignement en 2021 le Prix de la recherche et de la création dans la catégorie Sciences humaines et sociales et a fait l’objet en 2024 d’une édition « revue et augmentée ». Sans indication de l’auteur à cet égard, les lecteurs curieux chercheront d’abord à découvrir les changements opérés dans la seconde édition. La forme semble avoir été « revue » : elle contient, entre autres changements, une table des matières plus détaillée, de même que la présence d’une bibliographie, d’un index onomastique et d’un index thématique, qui facilitent la consultation. Et la matière a manifestement été « augmentée », avec l’ajout d’une préface ainsi que d’une postface (dont il sera plus loin question). Quoi qu’il en soit, une comparaison sommaire entre les deux éditions porte à penser que l’introduction, les cinq chapitres et la conclusion sont inchangés. Maxime St-Hilaire amorce sa problématisation du « positivisme juridique » en introduction. D’emblée, il souligne que ce syntagme n’est pas univoque. La diversité de ses acceptions semble osciller entre deux axes : d’un côté, la relation que les juristes positivistes établissent avec le droit naturel et la liaison qu’ils entretiennent avec l’épistémologie scientifique ; de l’autre, la place qu’ils accordent à la normativité et le statut qu’ils confèrent à l’État. De là, l’auteur propose une lecture historique des figures tutélaires du positivisme juridique en philosophie du droit, des « normativismes » pur de Hans Kelsen (chapitre 1) et impur de Herbert Hart (chapitre 5) aux « réalismes » américain de Kurt Llewellyn et scandinave de Art Ross (chapitre 4), en passant par les « sociologismes » de Roscoe Pound (chapitre 2) ainsi que de Léon Duguit et de Niklas Luhmann (chapitre 3). En conclusion, St-Hilaire donne l’impression de retourner le pluriel des positivismes juridiques comme un gant en ce que sa lecture historique le conduit à constater que, « nonobstant la diversité des grands programmes épistémologiques des XIXe et XXe siècles, la structure de la pensée juridique est restée essentiellement la même » (p. 87). Les positivismes normativistes, réalistes et sociologistes, chacun à leur façon, constitueraient le droit à la manière d’un objet épistémique et le concevraient à titre de « système de normes positives » enté sur le « monisme étatique ». Toutefois, l’auteur repluralise autrement le positivisme juridique en proposant une lecture alternative, qui appréhende plutôt le droit telle une discipline normative. Un détour par l’oeuvre du philosophe américain Ronald Dworkin et un retour aux écrits du jurisconsulte anglais Edward Coke (1552-1634) laisseraient alors entrevoir la possibilité de concevoir une « positivité juridique de second degré », dont la « redécouverte » pourrait bien infléchir « l’avenir de la pensée juridique » (p. 88-89). Il est fort probable que l’ouvrage Les positivismes juridiques au XXe siècle. Normativismes, sociologismes, réalismes, par son titre accrocheur déjà, continuera de susciter l’intérêt des philosophes et des historiens du droit. Cependant, en plongeant sérieusement dans le texte, de nombreux lecteurs risquent probablement d’être en désaccord avec l’ambition du professeur St-Hilaire, qui dit offrir « un guide à l’intention du débutant » (p. 1). À vrai dire, la chose se révèle plus compliquée. Dans sa postface, Ryan Alford propose d’ailleurs quelques …

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