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Numéro régulierRecensions

Yves Frenette, Marie-Ève Harton et Marc St-Hilaire, (dir.), Déploiements canadiens-français et métis en Amérique du Nord (18e - 20e siècle), Ottawa, Musée canadien de l’histoire et Presses de l’Université d’Ottawa, coll. « Mercure  » (no 64), 2023, 306 p.[Record]

  • Yves Tremblay

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  • Yves Tremblay
    Historien, Direction Histoire et patrimoine, ministère de la Défense nationale, Ottawa

Cet ouvrage collectif est le résultat (un peu tardif) d’un colloque tenu à l’Université de Saint-Boniface en 2018. Il est aussi l’aboutissement d’efforts de recherches remontant pour plusieurs contributeurs à trois ou quatre décennies de travail obstiné. Les articles se répondent thématiquement, contrairement à beaucoup d’ouvrages collectifs inégaux d’un chapitre à l’autre. Tous les articles portent sur des migrants canadiens-français, sauf ceux de Nicole St-Onge et d’Étienne Rivard, qui abordent les Métis du Manitoba. Trois des onze communications paraissent en anglais, le reste du livre est en français. La pièce d’ouverture de Marie-Ève Harton, Danielle Gauvreau et Yves Frenette sur les cohortes (concept récurrent dans plusieurs articles) de migrants vers la Nouvelle-Angleterre énonce une vérité de La Palice dans le titre de sa première section : que les parcours collectifs sont forgés par des décisions individuelles même lorsque des réseaux sont à l’oeuvre ; en fait, surtout que les migrants déjà installés facilitent l’accueil d’autres membres de la famille ou de personnes venant des mêmes régions. La démonstration fait appel dans ce premier texte à l’analyse d’une cohorte de migrants arrivant en 1909-1910, et ce grâce au recensement américain de 1910, souvent utilisé dans le livre. Le portrait que l’on connaissait ne change pas beaucoup, mais cela fonctionne comme entrée en matière. La tentative de découvrir une originalité dans la migration féminine pour agréer « les conceptions féministes de la migration » (p. 34) fait toutefois long feu. Les articles microhistoriques du recueil suggèrent plutôt, en accord avec le sous-titre signalé, que le motif de la quête d’autonomie peut être subsumé sous les décisions individuelles, comme chez les migrants de sexe masculin d’ailleurs. En serait-il autrement qu’il faudrait admettre que les jeunes femmes migrant dans un cadre familial ont moins d’aspiration à un avenir meilleur, ce que je ne peux croire. Si la maxime que l’accrétion des décisions individuelles forge les parcours collectifs est admise, il faut bien convenir que toutes les femmes, les plus conservatrices aussi, sont des êtres libres, autonomes… Frenette et Harton sont aussi, cette fois avec John Willis, les auteurs du second chapitre, sur les tailleurs de pierre travaillant au capitole de l’État du Minnesota, dont le chantier débute en 1895. Quarante-cinq ouvriers francophones auraient été employés par deux entreprises de maçonnerie de l’endroit. L’article en fait le portrait sociohistorique, et pour deux d’entre eux la recherche généalogique scientifique (à partir du fichier BALSAC) permet d’en savoir plus. John Willis nous donne ensuite un chapitre solo sur une migrante libre, Aurise Gill. Née au Québec, partie au Manitoba, elle devient maîtresse d’une école rurale grâce aux relations d’un oncle. Willis peut décrire sa classe de 33 élèves et les rapports de l’enseignante, car elle a laissé des lettres à sa tante Sophie. Malheureusement, Aurise est prise en grippe par le curé local, qui ne l’aime pas. Cela conduit à une confrontation, décrite par la protagoniste dans sa correspondance, et arrive ce qui doit arriver, elle doit quitter le Manitoba pour une contrée meilleure. Aurise s’installe dans la région de Boston en 1890, où elle devient couturière en industrie, mais n’étant pas satisfaite de ses conditions de travail, elle s’établira à Lynn (Massachusetts), un centre de production de chaussures, où elle fait la rencontre d’Albert Turcotte, qu’elle épouse en 1895 (elle a 32 ans), dont elle a déjà une fille née en 1893. Ce sera sa seule enfant. Albert disparaît aussitôt de sa vie. Aurise reste dorénavant à la maison, devient dressmaker pour la population immigrante tout en tenant une petite pension pour ouvrières. En 1920, on la trouve à Boston, puis elle devient commise de bureau …

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