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Numéro régulierRecensions

Aimée Dion, Affiches de guerre, guerre d’affiches. Canada français et Irlande pendant la Grande Guerre, Québec, Presses de l’Université Laval, 2024, 372 p.[Record]

  • Mourad Djebabla

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  • Mourad Djebabla
    Collège militaire royal de Saint-Jean

La doctorante de l’Université Laval Aimée Dion a publié en 2024 aux Presses de l’Université Laval (PUL) un ouvrage intéressant à première vue, dans lequel elle choisit d’adopter une approche comparative pour analyser les discours de propagande de guerre destinés aux Canadiens français et aux Irlandais durant la Première Guerre mondiale. Pour ce faire, elle s’appuie spécifiquement sur l’iconographie des affiches de recrutement produites entre 1914 et 1918 au Canada et en Irlande. En optant pour cette comparaison entre ces deux groupes, l’historienne, comme elle le reconnaît elle-même, s’inscrit à la suite des travaux déjà menés par les historiens Simon Jolivet et Garth Stevenson notamment. Pour l’étude de la Première Guerre mondiale, grâce au choix fait de l’approche comparative, l’intérêt de cet ouvrage réside dans sa capacité à mettre en lumière de manière dynamique les spécificités des discours de propagande destinés aux Canadiens français et aux Irlandais, et ce, en considérant leur relation respective à l’impérialisme britannique et les tensions culturelles et nationalistes pouvant en découler. L’ouvrage se distingue également par son approche culturelle de la Première Guerre mondiale, une dimension quelque peu délaissée de nos jours par le renouveau de l’étude sociale du conflit. Ce livre constitue ainsi un rappel que la dimension culturelle de la guerre de 1914-1918 reste pertinente pour comprendre les sociétés des nations belligérantes. L’historienne s’efforce de déceler, à travers l’analyse des affiches de recrutement, des indices sur le rapport des Canadiens français et des Irlandais à l’effort de guerre impérial britannique, tout en éclairant ce rapport à la lumière de l’identité culturelle propre à chaque groupe. Aimée Dion se concentre sur les questions nationales canadienne-française et irlandaise, les étudiant en parallèle afin de mettre en évidence les similitudes et divergences entre les deux, en particulier concernant leur évolution durant le conflit, évolution perceptible dans les affiches de recrutement pour qui sait les interpréter. L’ouvrage se compose de trois parties qui regroupent l’ensemble des neuf chapitres : la première partie place les deux groupes étudiés dans leur contexte à la veille de 1914 ; la deuxième analyse le début de la guerre et l’interprétation des affiches de recrutement en fonction des spécificités des Canadiens français et des Irlandais, avec un regard sur l’évolution de l’effort de guerre, passant d’une perspective impériale à une dimension plus nationale ; enfin, la troisième se penche sur l’altérité et les tensions engendrées par la conscription, en Irlande comme au Canada, ainsi que sur une évolution du discours iconographique des affiches de mobilisation vers une dialectique plus nationale qu’impériale vers la fin du conflit. La bibliographie de l’historienne témoigne d’un travail de recherche sérieux visant à trouver des sources pertinentes pour étayer son analyse. La liste des affiches de recrutement qu’elle a pu consulter, grâce à l’accès à plusieurs fonds d’archives, inclut les principales affiches restantes et connues de la Première Guerre mondiale. Aimée Dion souligne, à juste titre, la difficulté d’accès à cette source en raison de la qualité souvent médiocre du papier utilisé pour ces affiches, ainsi que leur destin qui était de se dégrader ou d’être détruites une fois placardées sur les murs. Cependant, il convient de noter que cet ouvrage semble davantage une ébauche qu’une étude pleinement aboutie. Bien que l’approche culturelle de la Première Guerre mondiale par l’analyse des affiches de recrutement soit pertinente et intéressante, notamment à destination du grand public, ceux qui maîtrisent déjà cette perspective risquent d’être bien déçus. Plusieurs critiques peuvent être formulées par un historien spécialiste de la Première Guerre mondiale, notamment concernant l’absence de certaines études certes non publiées, mais accessibles via une recherche parmi les maîtrises et doctorats …

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