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Numéro régulierRecensions

Raymond B. Blake, Canada’s Prime Ministers and the Shaping of a National Identity, Vancouver, UBC Press, 2024, 398 p.[Record]

  • Alexandre Dumas

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  • Alexandre Dumas
    Université du Québec à Trois-Rivières

Membre de la Société royale du Canada, Raymond B. Blake est professeur d’histoire à l’Université de Regina et se spécialise en histoire politique du Canada post-Confédération. Il s’intéresse particulièrement à la construction de l’identité canadienne. C’est le sujet qu’il explore dans Canada’s Prime Ministers and the Shaping of a National Identity, publié en 2024 aux Presses de l’Université de Colombie-Britannique (UBC Press). En prenant la fin de la Seconde Guerre mondiale comme point de départ, Blake étudie la construction de l’identité canadienne à travers le discours des premiers ministres du Canada, de William Lyon Mackenzie King à Stephen Harper. Les chefs de gouvernement plus éphémères (Joe Clark, John Turner, Kim Campbell et Paul Martin) ne sont pas à l’étude. L’auteur a également renoncé à inclure Justin Trudeau, ce dernier étant toujours en poste au moment de la publication. Blake présente les difficultés de construire une identité nationale dans un pays sans langue, culture, religion ou ethnicité commune. Après la Seconde Guerre mondiale s’ajoute la difficulté de bâtir cette identité sans l’aide d’un antagoniste contre qui fédérer les citoyens. La conclusion de l’auteur est que, chacun à leur façon, les premiers ministres ont su insuffler l’idée que le Canada en tant que nation « a beaucoup de sens » (« makes a great deal of sense ») (p. 304). Chacun a su trouver un récit capable de transcender les nombreuses divisions de son époque. Il ne s’agit pas d’une synthèse de l’histoire du Canada depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette monographie n’est pas non plus un recueil de biographies. L’objectif de l’auteur est de tracer l’évolution de l’identité canadienne telle que représentée par les premiers ministres du Canada et de confronter leur discours à leurs accomplissements réels. Le livre suit un plan thématique, chacun des huit chapitres étant consacré à un des premiers ministres à l’étude. Témoin des divisions engendrées par la Grande Dépression et la Seconde Guerre mondiale, William Lyon Mackenzie King (1921-1930 et 1935-1948) consacre les dernières années de son mandat à encourager le développement d’une citoyenneté canadienne qui unirait davantage que l’appartenance à l’Empire britannique ou la non-appartenance aux États-Unis d’Amérique. En posant les bases de l’État-providence canadien, il espère favoriser l’émergence d’une identité nationale et minimiser les identités régionales. Sous son gouvernement, la solidarité internationale devient une posture d’affirmation nationale ainsi que le rôle du Canada dans la préservation de la paix mondiale. Le deuxième chapitre est consacré à Louis St-Laurent (1948-1957) qui, à la suite de King, fait de l’État-providence un des fondements de l’identité canadienne. Dirigeant un pays dans lequel affluent les immigrants plus que jamais, St-Laurent bâtit la citoyenneté sur le choix d’appartenir à la communauté davantage que sur les droits historiques et ancestraux. Sans jamais employer le terme, ses discours pavent la route au multiculturalisme. Violemment opposé au communisme, St-Laurent attache également le Canada à la défense de la démocratie dans le monde. Suit le conservateur John Diefenbaker (1957-1963), qui bâtit l’identité canadienne en s’appuyant sur le repoussoir américain, le grand défi de son époque étant de rendre aux Canadiens le contrôle de leur économie. Connu entre autres pour la promulgation de la Déclaration canadienne des droits, Diefenbaker pose les jalons d’une identité canadienne reposant sur la reconnaissance des droits individuels. Il est le premier à inclure les peuples autochtones à son histoire du Canada et à chercher à inclure les Canadiens qui ne sont pas d’origine française ou britannique. Le quatrième chapitre s’intéresse à Lester B. Pearson (1963-1968), qui marque par sa volonté d’intégrer le Québec au récit canadien en consacrant le Canada comme état biculturel. Il est le premier …

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