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Méta-documentationPatrimoine et pratiques documentairesMetadocumentationHeritage and Documentary PracticesMetadocumentaciónPatrimonio y prácticas documentales[Record]

  • Laurence Provencher St-Pierre and
  • Jean-Sébastien Sauvé ORCID logo

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  • Laurence Provencher St-Pierre Université Laval, Département des sciences historiques, Pavillon Charles-De Koninck, bureau 5309, 1030, avenue des Sciences-Humaines, Québec (Québec) G1V 0A6, Canada laurence.provencher-st-pierre@hst.ulaval.ca

  • Jean-Sébastien Sauvé ORCID logo 0000-0002-9472-2965 École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal, Pavillon Lionel-Groulx, 3150, rue Jean-Brillant C-2004, Montréal (Québec) H3T 1N8, Canada jean-sebastien.sauve@umontreal.ca

Ce numéro thématique explore le thème de la documentation du patrimoine culturel et interroge la définition, la production, l’utilisation, l’organisation, la conservation et la transmission des données en contexte patrimonial. Les contributions de ce numéro font converger les regards autour de cet objet discret, souvent confiné aux marges des réflexions sur le patrimoine, afin de mieux en cerner les limites, les enjeux et les acteurs. Le terme documentation a plusieurs sens. Il peut renvoyer à la fois à un groupe de documents, à l’acte de documenter et à l’ensemble des données issues du travail documentaire (Briet 1951 ; Meyriat 1981 ; Boulogne 2004 ; Fabre 2012). Plutôt que d’imposer une définition étroite du terme, ce numéro embrasse cette polysémie de manière à envisager la documentation à la fois comme un objet matériel, un processus et un résultat. Mobilisée d’abord par la linguistique (Austin 2013 ; Hou 2017), la méta-documentation est définie pour sa part comme la documentation des données documentaires et des multiples conditions de leur production (Nathan 2010 : 196). Cette notion, absente de la recherche francophone, offre un cadre utile pour penser le travail des données sur le patrimoine. La littérature sur les (méta)données est abondante. En science de l’information, la donnée correspond à « la plus petite représentation conventionnelle et fondamentale d’une information (fait, notion, nom propre, chiffre, statistique, etc.) sous forme analogique ou digitale [sic] permettant d’en effectuer le traitement manuel ou automatique (informatique) » (Rousseau et Couture 1994 : 123). Les données renvoient à « des représentations d’observations, d’objets ou d’autres entités qui servent à mettre en évidence des phénomènes à des fins de recherche » (Borgman 2020 : 40). Matérielles ou numériques, elles « existent au sein d’un contexte dont elles tirent leur sens » avant de devenir information (ibid.). Le numéro propose d’aborder la donnée comme un objet socialement construit et historiquement situé. Il s’agit alors de considérer les lieux de sa production, de son utilisation, de sa gestion et de sa conservation comme des terrains de recherche. Cette perspective anthropologique vise à mettre en lumière les « coulisses de la donnée » (Denis 2018) et à exposer les processus documentaires comme des pratiques influencées par la culture. Dans les institutions patrimoniales, la documentation entraîne la constitution de documents divers, de dossiers, de répertoires, d’inventaires et de bases de données. Or, comme l’indique Gérard Régimbeau à propos des musées, « toute [l’]information écrite, dessinée ou photographique, sous forme papier ou numérique, destinée à comptabiliser, numéroter et décrire, constitue le continent gris de la documentation muséale » (2013 : 14) qui reste largement inexplorée. Pourtant, cette documentation représente un « moment de cristallisation » (Sterling 2024 : 27) permettant d’analyser l’objet patrimonialisé et les transformations du regard posé sur celui-ci. Les relations complexes entre l’histoire d’une institution, ses collections, ses archives et son système de documentation participent à la construction du sens (Jones 2022). Au cours des dernières années, les transformations des pratiques documentaires ont remodelé le rapport des professionnels et de la population en général envers le patrimoine (Dekker et Giannachi 2022), alors qu’un processus de professionnalisation a entraîné un travail de normalisation des données qui rend invisibles les acteurs au coeur des pratiques documentaires (Tran 2021). Bien que les manuels de muséologie, d’archivistique et de bibliothéconomie enseignent les rudiments de la documentation et que la recherche expose de plus en plus les coulisses des institutions patrimoniales (Beltrame 2012b ; Coville, Couillard et Schlageter 2016 ; von Oswald 2022 ; Beltrame et Kreplak 2024 ; Provencher-St-Pierre 2025), la réalité effective du travail documentaire semble encore nous échapper. Comment se …

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