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Da Silva Amanda, Cécile Giraud, Josepha Milazzo et Kelly Poulet (dir.), 2023, L’expérience migratoire. De la parole aux dispositifs. Louvain-la-Neuve, Éditions Academia, coll. « Transitions sociales et résistances », 270 p.[Record]

  • Pierre Peraldi-Mittelette

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  • Pierre Peraldi-Mittelette LACNAD (UR 4092 — Inalco), Université de Lorraine, Nancy, France

L’ouvrage L’expérience migratoire. De la parole aux dispositifs, coordonné par quatre jeunes chercheuses en science politique, géographie et socio-anthropologie, propose une collection de neuf chapitres issus du deuxième séminaire annuel du Réseau Migrations, qui s’est tenu au laboratoire Migrinter (Migrations internationales, espaces et sociétés) de Poitiers en 2015. Les cinq premiers textes du volume sont également le fruit de la réflexion de jeunes chercheurs qui abordent le vécu migratoire du point de vue des individus et de leurs récits. Les quatre textes suivants abordent quant à eux l’étude des dispositifs, au sens de Foucault (2001 : 199), auxquels sont confrontés les migrants, impliquant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des lois, etc., permettant d’isoler ce qui pourrait correspondre aux différents dispositifs associés à l’expérience migratoire. Les neuf chapitres brossent un tableau très diversifié des réalités rencontrées en situations migratoires : la première partie s’intéresse aux récits des migrants, tandis que la seconde étudie l’expérience migratoire en privilégiant l’entrée par les dispositifs. Les cinq premiers textes de l’ouvrage se focalisent sur l’expérience intériorisée des migrants, à travers leurs mots, mettant en avant la façon dont leur vécu agit sur les processus de biographisation individuelle, ou encore en abordant les enjeux méthodologiques des recherches menées auprès de populations en migration. Les quatre derniers chapitres s’intéressent aux dispositifs inhérents aux gestions de flux (économiques, de diplômés, hospitaliers), cadres dans lesquels les migrants négocient leurs statuts, facilitant ou non leur mobilité. Les trois textes choisis — deux qui explorent des récits de migrants et un qui examine les dispositifs — abordent les perceptions des migrants, et les méthodes mises en place s’approchent de celles employées par les ethnologues. Le texte de Christine Delory-Momberger, « Entendre la parole des migrants », étudie les apports épistémologiques et méthodologiques des recherches biographiques. L’autrice aborde d’abord cet objet à travers la posture du chercheur, étant lui-même partie prenante du processus d’enquête. Cette méthode relève presque d’une recherche-action qui implique des modes d’intervention narrative qui associent quatre dimensions : individuelle et formative ; relationnelle et sociale ; de conscientisation ; et collective et politique. L’autrice se penche ainsi sur les conditions de production et de réception de la parole de soi en contexte migratoire. Elle revient notamment sur les récits des demandeurs d’asile et la place du silence, de l’emprunt de mots ou de formulations d’autrui, tout en interrogeant les assignations identitaires. Elle expose, enfin, l’obligation de conduire différents entretiens auprès des acteurs pour mener à bien une recherche biographique. Le texte de Xavier Briké, « Exils féminins », traite des difficultés de capter des informations dans des situations de migration où la place et le rôle des femmes dans les regroupements familiaux sont délicats d’accès, et ce, peut-être en partie parce que c’est un homme qui a mené l’enquête. Il aborde la condition de mère dans les déplacements, les violences liées au genre et les alliances contraintes. Il s’attarde sur des contextes procéduraux de réclusion permettant de détailler des vulnérabilités inhérentes au processus de mobilité. Dans son chapitre, Mina Prokic aborde des dispositifs, et notamment la « confiance institutionnelle et les préjugés ethniques ». L’autrice montre comment la perception des Barcelonais à l’égard des immigrants est influencée par la confiance que ces derniers ont dans leurs différentes institutions que sont les écoles et les hôpitaux. Elle conclut son propos sur la transférabilité des préjugés d’un groupe à l’autre, en analysant comment la confiance placée par les autochtones dans leurs institutions peut être transmise aux immigrants. Ce qui manque fondamentalement à ce volume est un état de l’art interdisciplinaire sur le sujet, explicitant le choix de ce …

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