Abstracts
Abstract
In the three decades since its English publication, Jacques Derrida’s Archive Fever: A Freudian Impression has enjoyed an enthusiastic reception among theorists of the archive across disciplines, generating a remarkable variety of responses, applications, and critiques. However, as the records of critical theorists enter our archives, this discourse has paid scant attention to the legal conflict following the acquisition of Derrida’s papers as the flagship collection of the Critical Theory Archive at the University of California, Irvine (“the UCI affair”). This article seeks to explore and amend the meaning of that gap as itself an archival silencing.
Analyzing the UCI affair as an element of the provenance of the Derrida Papers, we position that collection, and the conflicts surrounding it, as a valuable case study regarding the translation into praxis of feminist archival theories positing a radical ethics of care as a key professional commitment. Applying these theories to this case, we examine the increasingly uneasy relationships between the university, its donors, its archival agents, and the state, and the circuits of capital that constitute and animate those entanglements. We argue that this clarifies how archival collections, as contractually mediated by universities, can preserve creators’ perspectives and their social, professional, and discursive power over time. We examine the implications of this function through the lens of feminist and queer theories of the archive and engage with theorizations of the neoliberal public university in the United States to analyze the intersecting axes of power at play in the UCI affair and among various archival stakeholders. Considering Derrida’s limited-access papers as a paradigm of the flagship collection or starchive opens up broader questions about the competing priorities of donors, institutional administrators, researchers, and archival practitioners. Finally, returning to feminist theories of affect in the archives, we consider how frameworks like radical empathy and restorative justice ask us to ground both theoretical work and archival practice in an ethics of care that embraces the inevitability of harm and the paradoxical necessity and impossibility of repair, leading us to a critical stance of radical humility in service of material solidarity with all archival labourers.
Résumé
Au cours des trois décennies depuis sa publication en anglais, l’ouvrage Archive Fever: A Freudian Impression de Jacques Derrida a reçu un accueil enthousiaste de la part des théoricien.ne.s de l’archive à travers les disciplines, générant une diversité remarquable de réponses, d’applications pratiques et de critiques. Toutefois, alors que les documents des théoricien.ne.s critiques sont acquis par les centres d’archives, ce discours a peu pris en compte le conflit légal qui a émergé à la suite de l’acquisition des archives de Derrida comme collection phare de la Critical Theory Archive de l’Université de Californie-Irvine (“l’affaire UCI”). Cet article vise à explorer et à corriger le tir sur la compréhension de ce manque, étant lui-même un silence archivistique.
Analysant l’affaire UCI comme un élément de la provenance des archives de Derrida, nous situons cette collection et le conflit qui y est associé comme une étude de cas valide, témoignant du mouvement des théories archivistiques féministes vers une praxis qui propose l’éthique radicale du care comme un engagement professionnel clé. Appliquant ces théories à cette étude de cas, nous examinons la relation de plus en plus difficile entre l’université, les donateurs.trices, les agents archivistiques et l’état, en plus des circuits de capitaux qui constituent et animent ces relations complexes. Nous affirmons que cette situation clarifie comment les collections d’archives, contractuellement négociées par les universités, peuvent préserver les perspectives des producteurs.trices, ainsi que leur pouvoir social, professionnel et discursif au fil du temps. Nous examinons les implications de cette fonction par le biais des perspectives provenant des théories archivistiques queer et féministes et nous engageons les théorisations de l’université publique néolibérale aux États-Unis afin d’analyser les axes de pouvoir en jeu qui s’invitent dans l’affaire UCI et auprès des différentes parties prenantes. Considérer les documents à accès limité de Derrida comme un paradigme de la collection phare (ou starchive) ouvre la porte à des questions plus larges concernant les priorités concurrentes des donateurs.trices, des administrateurs.trices institutionnel.le.s, des chercheurs.eures et des archivistes professionnel.le.s. Enfin, en retournant aux théories féministes de l’affect dans les archives, nous considérons comment les cadres d’analyse comme ceux de l’empathie radicale et de la justice réparatrice exigent de situer les cadres théoriques et les pratiques archivistiques à travers une éthique du care qui reconnaît l’inévitabilité du dommage et le paradoxe de la nécessité et de l’impossibilité de la réparation, nous menant ainsi à adopter une posture critique d’humilité radicale au service de la solidarité matérielle avec les archivistes.
