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Écho de la communautéEcho of the Community

Pour une autodétermination des personnes handicapées[Record]

  • Reginald Beyaert

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  • Reginald Beyaert
    PhD, Orientaliste, philosophe, ancien directeur général de l’Institut Royal pour Sourds et Aveugles de Bruxelles (Belgique)

Les derniers jeux paralympiques à Paris ont été une vitrine sur l’inclusion des personnes handicapées. Vitrine quelque peu paradoxale, car malgré une certaine réussite, ils ont été révélateurs des manquements de notre société en matière d’accessibilité et d’égalité des chances. On mesure combien les performances des athlètes paralympiques ont demandé de moyens d’accompagnement, d’infrastructures sportives adaptées, d’heures d’assistance, etc. Grâce à ces jeux, le regard du grand public s’est ouvert sur des réalités humaines souvent étrangères à ses habitudes. L’accessibilité à certaines infrastructures, comme les piscines, les stades ou les transports, s’est vue élargie au bénéfice de tous et de manière durable. Enfin, à la rencontre des différents athlètes paralympiques, nous pouvons imaginer le chemin parcouru pour réaliser de telles performances. Nous verrons dans cet article combien l’autodétermination, associée à un accompagnement sociétal adapté, répond à un besoin, y compris pour des personnes ayant une déficience mentale, et comment une institution en Suisse la met en oeuvre. En 1978, une loi est votée au Québec sous l'influence des mouvements scandinaves pour la vie autonome et d'exercice des droits. Un nouveau modèle de compréhension du handicap voit alors le jour. Ce modèle va générer un nouveau modèle social, selon lequel toute personne est dorénavant considérée, non plus à partir de ses déficiences, mais sur base de ses compétences. Au niveau international, toute politique, toute organisation est désormais évaluée au regard de l'accessibilité au droit, avec le slogan « Rien à notre propos sans nous ». Ce qui est visé par ce nouveau modèle c'est la reconnaissance des droits de la personne, en particulier le droit à l'équité, et in fine à l’égalité sans condition, avec le moins de compensations possibles. Ce nouveau modèle de développement humain, appelé Processus de Production du Handicap, offre une grille de lecture globale de la complexité des situations de handicaps et met l’accent sur la dynamique qui se joue entre les facteurs personnels et les facteurs environnementaux, ce afin de dégager des priorités d’intervention. Ce modèle va clairement inspirer la Convention de l'ONU relative aux Droits des Personnes Handicapées (CDPH). Reprise dans le Décret Inclusion de la Région bruxelloise (la COCOF) en 2014, cette convention garantit aux personnes handicapées la pleine jouissance des droits humains, ainsi que leur participation à la vie publique, sociale et économique. On passe du registre de la morale et de la compensation à celui du droit qui fait des personnes handicapées des personnes devant être considérées et traitées au même titre que les personnes dites valides. C’est un renversement de paradigme. Un point particulièrement important de la convention, repris à l’article 3, énonce comme premier principe général : « Le respect de la dignité intrinsèque, de l'autonomie individuelle, y compris la liberté de faire ses propres choix, et de l'indépendance des personnes ». Ce principe vaut pour toute personne, qu’elle soit handicapée ou valide, jeune ou âgée. Chacun souhaite choisir pour soi-même, exercer son libre-arbitre. Plus qu’un désir, c’est un droit humain fondamental. Pour Jean-Louis Korpès3, ancien professeur à la Haute Ecole de Travail social à Fribourg, ce principe est une application à la personne du concept d’autodétermination introduit par la Résolution 637 de l’ONU en 1952 à propos « du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». C’était alors la fin des empires coloniaux. D’un point de vue psychologique, ce droit signifie « la capacité d’agir par soi-même et en totale volonté ». L’autodétermination, nous dit J.-L. Korpès, est la capacité qu’a un individu : C’est en 1972 que Bengt Nirje, médecin suédois, utilisera la notion de droit à l’autodétermination dans le domaine …

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