Résumés
Résumé
En 1902, la Chaleurs Bay Mills s’installe exceptionnellement sur des terrains en location de l’église des Capucins et de la réserve des Mi’gmaq de Listuguj après que les principaux intéressés, le département des Affaires indiennes, les missionnaires capucins et les Mi’gmaq se soient prononcés en faveur de cette industrie privée par ses avantages économiques. Au fil du temps, la compagnie de la scierie ne respecte pas certains engagements prévus selon les ententes et cherche à acquérir plus de territoires de la communauté, jusqu’à utiliser les outils législatifs disponibles pour tenter une expropriation de la réserve. Parallèlement, la venue d’ouvriers blancs installés dans la communauté pour le travail à la scierie suscite des tensions interraciales et soulève des débats au sein de la population mi’gmaw quant au système de location de maisons et sur la gestion de la population blanche. Cet article vise à rendre compte comment se mettaient en place des politiques donnant le droit à une scierie privée d’occuper une partie d’une réserve autochtone pour des fins économiques, comment des industriels ont tenté de prendre possession du territoire et comment cette présence industrielle et de colons ouvriers eurent de nombreux effets sur la gestion des terrains par la communauté, sur la cohésion sociale de la population et dans ses sphères sociopolitiques et économiques.
Mots-clés :
- Mi’gmaq,
- Listuguj,
- scierie,
- colonialisme,
- conflits,
- Blancs,
- XXe siècle
Abstract
In 1902, an agreement between the Indian Affairs Department, Capuchin missionaries, and the Mi’gmaq people intended to support private industry deemed useful for the economy gave the Chaleurs Bay Mills permission to operate on land leased from the Capuchin’s church and the Listiguj Mi’gmaq Reservation. Over time, the sawmill company failed to uphold certain agreements and sought to acquire more land in the community, even deploying legal and legislative pathways to expropriate land in the reservation. The arrival of White workers who came to work at the mill and settled in the community, meanwhile, brought about interracial tensions and raised debates amongst Mi’gmaq people about managing the new White population and about the preexisting system for house rentals. This article examines how and why policies were established that gave a private sawmill the right to operate on an Indigenous reservation, studies how industrialists sought to claim more territory for their project, and explores the numerous effects of this industrial presence – and that of White worker-settlers – on community land-management practices, social cohesion, and diverse sociopolitical and economic issues in the Indigenous community.
Keywords:
- Mi’gmaq,
- Listuguj,
- sawmill,
- colonialism,
- conflicts,
- Whites,
- 20th century
