Abstracts
Abstract
War disability lies at the intersection of the wounded, injured, or sick military body and the society that gives it meaning. During the Great War of 1914–1918, more than 180,000 members of the Canadian Expeditionary Force became nonfatal casualties, compelling Canada to confront the realities of a mass disabling event. As Canadians reckoned with the scale of disability, questions of masculinity rose to the fore. War wounding was viewed simultaneously as proof of martial heroism and evidence of emasculation and dependency, leaving disabled veterans trapped between these two opposing views of military manhood. The state’s program of “vocational re-education” sought to reconcile this tension by casting work as a means to “overcome” disability and thus reclaim a masculinity deserving of returned soldiers. Disabled veterans pushed back against this premise. They exposed how the social meanings of visible and nonvisible disability shaped access to recognition, work, and masculine status in post-war Canada. While the Amputations Association of the Great War protested employment discrimination grounded in visible disability, the Tuberculous Veterans’ Association viewed their own struggles through the lens of nonvisible illness. By leveraging the apparency of war disability (or lack thereof), disabled veterans demonstrated that self-reliant masculinity was unattainable — even undesirable — so long as their disabilities were ignored.
Résumé
Le handicap de guerre se situe à l’intersection du corps militaire blessé, mutilé ou malade et de la société qui lui donne sens. Durant la Grande Guerre de 1914–1918, plus de 180 000 membres du Corps expéditionnaire canadien furent victimes de blessures non mortelles, contraignant le Canada à faire face aux réalités d’un événement handicapant de masse. Alors que les Canadiens prenaient la mesure de l’ampleur du handicap, les questions de masculinité s’imposèrent au premier plan. Les blessures de guerre étaient perçues à la fois comme la preuve d’un héroïsme martial et comme un signe d’émasculation et de dépendance, laissant les anciens combattants handicapés pris en étau entre ces deux conceptions opposées de la virilité militaire. Le programme étatique de «rééducation professionnelle» cherchait à résoudre cette tension en présentant le travail comme un moyen de «surmonter» le handicap et ainsi de recouvrer une masculinité digne des soldats de retour au pays. Or, les anciens combattants handicapés contestèrent cette prémisse. Ils révélèrent la façon dont les significations sociales du handicap visible et non visible conditionnaient l’accès à la reconnaissance, à l’emploi et au statut masculin dans le Canada de l’après-guerre. Tandis que l’Association des amputés de la Grande Guerre protestait contre la discrimination à l’embauche fondée sur le handicap visible, l’Association des vétérans tuberculeux appréhendait ses propres difficultés à travers le prisme de la maladie non visible. En mobilisant l’apparence du handicap de guerre — ou de son absence — les anciens combattants handicapés démontrèrent que la masculinité autonome était inaccessible — voire indésirable — tant que leurs handicaps étaient ignorés.
