Abstracts
Abstract
In the summer of 1899, a woodworker named Josef Prkna sued his employer, Peter Buttazzoni, in the Sarajevo Small Claims Court. Prkna claimed that, while he had been recovering from typhoid fever, Buttazzoni had unjustly withheld part of his sick pay. Applying a critical disability studies lens to Prkna’s story, this article argues that sick, injured, and disabled industrial labourers in Austro-Hungarian Bosnia considered themselves bearers of legally enforceable “labour-disability rights.” This conviction arose, not from legislation, but from a polycentric labour-disability rights discourse that maintained that debilitated workers were entitled to sick pay, free medical care, and/or monetary compensation. Bosnian workers frequently used petitions and lawsuits to enforce these rights. Surprisingly, the Austro-Hungarian government regularly affirmed workers’ labour-disability rights in principle, despite rejecting most claims on factual grounds. This challenges the assumption, common in Bosnian labour historiography, that workers lacked meaningful insurance rights prior to 1902. It also encourages disability historians to examine how disability rights can manifest in administrative practices, civil justice, and disabled people’s own rhetoric, even in contexts without formal disability rights legislation. Finally, this article demonstrates that critical disability studies–inflected microhistory is a powerful tool for reconstructing the lived experiences of disabled people in the past.
Résumé
Au cours de l’été 1899, un menuisier du nom de Josef Prkna a poursuivi son employeur, Peter Buttazzoni, devant le tribunal des petites créances de Sarajevo. Prkna affirmait que, alors qu’il se remettait d’une fièvre typhoïde, Buttazzoni lui avait injustement retenu une partie de son indemnité de maladie. En appliquant une perspective critique issue des études sur le handicap à l’histoire de Prkna, cet article soutient que les ouvriers industriels malades, blessés et handicapés de la Bosnie austro-hongroise se considéraient comme titulaires de «droits liés au handicap professionnel» juridiquement exécutoires. Cette conviction ne découlait pas de la législation, mais d’un discours polycentrique sur les droits liés au travail et au handicap qui soutenait que les travailleurs affaiblis avaient droit à des indemnités de maladie, à des soins médicaux gratuits et/ou à une compensation financière. Les travailleurs bosniaques recouraient fréquemment à des pétitions et à des poursuites judiciaires pour faire valoir ces droits. Étonnamment, le gouvernement austro-hongrois a régulièrement affirmé en principe les droits des travailleurs en matière de travail et d’invalidité, bien qu’il ait rejeté la plupart des demandes pour des motifs factuels. Cela remet en cause l’hypothèse, courante dans l’historiographie du travail bosniaque, selon laquelle les travailleurs ne disposaient pas de droits d’assurance significatifs avant 1902. Cela encourage également les historiens du handicap à examiner comment les droits des personnes handicapées peuvent se manifester dans les pratiques administratives, la justice civile et la rhétorique des personnes handicapées elles-mêmes, même dans des contextes dépourvus de législation formelle en matière de droits des personnes handicapées. Enfin, cet article démontre que la microhistoire influencée par les études critiques sur le handicap est un outil puissant pour reconstituer les expériences vécues par les personnes handicapées dans le passé.
