Cet ouvrage porte sur la vitesse en mobilité et transport, en particulier le trafic routier. Il s’inscrit dans une approche pluridisciplinaire et systémique. Les disciplines concernées sont l’histoire, l’économie, la psychologie individuelle et culturelle, l’acoustique, les sciences de l’environnement, le droit, la sociologie et l’ingénierie routière. Le but des auteurs est de donner une image approfondie et variée des contradictions et des enjeux liés à la vitesse dans les sociétés contemporaines. Il ne s’agit pas de décrire ces contradictions et ces enjeux de manière univoque et simpliste, mais d’en rendre la complexité en examinant la perception qu’on en a, sa mesure, son utilisation et son régime. Les méthodes de recherche appliquées dans différentes contributions incluent diverses formes d’analyses empiriques et modélisées. Elles ont également donné des évaluations assez complètes des politiques publiques, évaluations basées sur des preuves scientifiques. L’ouvrage est composé de 19 chapitres, regroupés en quatre parties. Cette structure montre une évolution convenable du raisonnement en rapport avec le thème. La première partie élucide la notion de vitesse, sa définition, l’histoire de son émergence comme un défi et une promesse. La deuxième partie aborde les caractéristiques de la pratique de la vitesse et de sa mesure, ainsi que les outils et les leviers pour en atténuer la dynamique. La troisième partie examine les effets de la vitesse : accidents, pollution, bruit, etc. Enfin, la dernière partie porte sur la gouvernance et la politique de la vitesse. Cette structure de type séquentielle (notions, pratiques, effets et politiques) relie les concepts historiques aux conséquences concrètes, sociétales, et aux stratégies de régulation. Des études de cas et des exemples tangibles enrichissent l’analyse, renforçant l’ancrage empirique et la pertinence pratique de l’ouvrage. Les quatre parties du livre comprennent respectivement quatre, quatre, trois et huit chapitres. Chacune est structurée autour d’un chapitre majeur qui expose les enjeux principaux : le chapitre I pour la conceptualisation, le chapitre VII pour les aspects techniques, le chapitre IX pour les conséquences sociales et, enfin, le chapitre XIII pour les questions de gouvernance. Ces chapitres mettent en valeur l’ordonnancement thématique du livre, qui passe de l’abstrait au concret, puis des conséquences à la gestion sociale. On relève des répétitions dans certains chapitres, particulièrement par rapport à l’abaissement de la vitesse réglementaire ou encore au contrôle des vitesses des modes de locomotion doux assistés en zone urbaine. Cela dit, ces répétitions ne sont pas fortuites ; c’est une façon, pour les auteurs, de se pencher sur des problèmes complexes tels que la réglementation de la vitesse ou sa gestion en zone urbaine, sous différents aspects thématiques selon les chapitres. Les apports importants du livre résident dans son approche pluridisciplinaire de la vitesse, offrant de ce concept complexe une analyse qui va au-delà de sa seule dimension physique. Aussi l’ouvrage : Ce travail s’adresse à un public souhaitant en savoir plus sur la vitesse et dépasser le concept pour en découvrir de nouveaux aspects, notamment les dimensions sociétales, techniques, environnementales, psychologiques et politiques qui s’y rattachent. Les recherches de Herbaux et Chotin (2002) et de Herbaux et Bertacchini (2007) avaient conclu que l’accroissement de la vitesse était lié à l’avènement de ruptures systémiques, engendrées par le dépassement de certains seuils critiques. En rapport avec des boucles de causalité systémique, ces niveaux de criticité sont importants, à mettre en évidence, notamment pour mettre en oeuvre un système d’alerte et de veille dans le cadre d’une intelligence territoriale. Il est donc regrettable que ces aspects de la complexité des systèmes de la vitesse et de l’intelligence territoriale n’aient pas été abordés par l’un ou l’autre des contributeurs de l’ouvrage. Sur le plan …
Appendices
Bibliographie
- HERBAUX, Philippe et CHOTIN, Frédéric (2002) Territoire et vitesse : nouvelles dynamiques informationnelles et décisionnelles. Colloque de ASRDLF Intelligence territoriale et mutations liées à l’accélération des flux informationnels, Québec.
- HERBAUX, Philippe et BERTACCHINI, Yann (2007) La rupture, un des corollaires de la vitesse. L’intelligence territoriale, une posture d’anticipation. Dans Yann Bertacchini (dir.) Intelligence territoriale : le territoire dans tous ses états. Toulon, Presses Technologiques.
