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Comptes rendus bibliographiques

BENTIROU MATHLOUTHI, Rahma et POMADE, Adélie (2023) Vulnérabilité(s) environnementale(s). Perspectives pluridisciplinaires. L’Harmattan, 622 p. (ISBN 978-2-14-034476-3)[Record]

  • Steve Déry

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  • Steve Déry Université Laval

Comme beaucoup de publications chez L’Harmattan, Vulnérabilités environnementales − Perspectives pluridisciplinaires laisse un goût ambivalent après la lecture, et ici l’amertume prime. Dans ce collectif rassemblé par Bentirou Mathlouthi et Pomade, on rencontre 43 chercheurs provenant de divers horizons disciplinaires, de différentes régions de la France ou de l’international (Brésil, Suisse, Italie, Belgique, Espagne, Mexique, États-Unis) et avec diverses expériences (doctorants, postdoctorants, chercheurs, professeurs, etc.). Les « vulnérabilités environnementales » forment l’expression-clé des 612 pages de textes, organisées en deux grandes parties, fort inégales : « Approche épistémologique de la notion » (quatre chapitres) et « Manifestations empiriques » (vingt chapitres). Sept chapitres sont écrits en anglais. Dans leur introduction, les auteures parlent du « croisement des réflexions et des regards » (p. 27), mais − à ce moment de la lecture à tout le moins − on ne saisit pas vraiment comment cela a été possible, compte tenu que les différents chapitres du recueil sont simplement des textes issus d’un appel de textes lancé en décembre 2020, au coeur de la pandémie de COVID-19, sans qu’il n’y ait eu colloque, rencontre ou échange entre les participants. Au mieux, les directrices de la publication ont peut-être pu réfléchir et croiser les réflexions elles-mêmes, mais cela reste fort limité par rapport à l’ambition annoncée en introduction. En fait, toute l’introduction prétend à une « synergie » (p. 36) des efforts, à une méthodologie commune, et la conclusion écrite par Anne-Christine Favre poursuit dans la même veine en vantant la confrontation de « la diversité des problématiques rencontrées et leurs solutions ». Mais en fin de compte, on n’y trouve aucune confrontation, et le patchwork qu’on prétend éviter constitue le résultat inévitable : beaucoup de redites d’un chapitre à l’autre, aucun référencement croisé, des rendus fort inégaux en qualité de contenu et… de contenant ! À ce sujet, le principal et très grave problème est que la qualité scientifique des textes est complètement noyée dans des problèmes linguistiques (grammaire, vocabulaire, syntaxe, etc.) ou même de cohérence, d’organisation ou de présentation, sans parler des citations traduites sans guillemets (plagiat ?). Les problèmes de ce type se comptent littéralement par centaines dans l’ensemble du livre (!), parfois une dizaine sur une seule page (p. 129) ! On ne trouve aucune uniformité bibliographique, aucune table de l’infographie (tableaux, cartes, etc.), qui serait de toute façon inutile, car la plus grande partie (plus de 90 %) des cartes ou graphiques présentés sont illisibles ou peu lisibles : le plus souvent, soit les figures ont (probablement) été préparées en couleurs et sont présentées en noir et blanc, soit leur petite taille à l’impression rend la lecture impossible, soit leur présentation est simplement confuse. Cela dit, ces critiques sur les prétentions des directrices du recueil et sur la « forme » prise par le contenu n’éliminent en rien les autres qualités intrinsèques de l’ouvrage, certaines étant éclairées par l’autrice de la préface, Sylvia Becerra. Pour un géographe comme moi, l’intérêt réside dans la superposition de textes provenant d’horizons très divers (droit, pêches, questions autochtones, etc.) ainsi que dans l’accumulation d’études de cas fort diverses (Vietnam, pampa brésilienne, Bretagne, Union européenne, etc.) qui abordent le thème de la vulnérabilité. Cela permet d’améliorer notre compréhension des intrications systémiques multiscalaires. Par exemple, dans une discussion plus conceptuelle, Fabregoule critique les approches de la gouvernance, en particulier dans les projets de développement, approches ne tenant pas réellement compte des plus vulnérables, qui « demeureraient mécaniquement en situation de faiblesse dans une discussion qui ne resterait qu’un simulacre permettant de créer une approbation » (p. 118). C’est une situation que j’ai souvent observée …