Some features and content are currently unavailable today due to maintenance at our service provider. Status updates

Comptes rendusBook ReviewsReseñas

Alevêque Guillaume, 2023, Le lever des Pléiades. Sur le chemin des ancêtres à Tahiti. Bruguières, Éditions Dépaysage, coll. « Sous l’écorce », 303 p.[Record]

  • Antoine G. A. Cailloce

…more information

  • Antoine G. A. Cailloce Faculté des Sciences humaines et sociales, Université Paris Cité, Paris, France

Anthropologue spécialiste des enjeux mémoriels en Polynésie française, le travail de Guillaume Alevêque porte sur « les associations culturelles tahitiennes » (p. 13) et leurs rapports à la culture, laquelle est entendue à la fois dans son acception générale et dans son sens particulier, soit celui de la culture polynésienne. En effet, l’étude de ces associations est une occasion inédite de comprendre la culture, non pas seulement du point de vue étique du chercheur, mais également du point de vue émique des enquêtés. Partant de cet ancrage local, ce travail s’ouvre à une réflexion plus théorique sur la « culture », dont l’emploi des guillemets rappelle le caractère changeant et polysémique du terme. Comme le souligne l’auteur, toute la difficulté est alors « de ne pas hypostasier la “culture” et de donner […] la primauté aux divers aspects de l’appartenance qui peuvent y être rattachés ou non par les acteurs » (p. 27). Cette perspective situe donc ce travail à mi-chemin entre une « anthropologie du contemporain » et « une autre tradition anthropologique, celle privilégiant les systèmes de pensée et les cosmovisions » (p. 91). L’ouvrage se divise en treize chapitres groupés en trois parties. La première, « Contextes et genèses » (p. 17-98), est consacrée aux enjeux méthodologiques et à la contextualisation historique. Après avoir exposé sa démarche et les outils analytiques qui seront déployés par la suite (chap. 1), cette partie offre « un large aperçu historique » de « l’émergence du mouvement des associations culturelles » (chap. 2), essentiel à l’argumentaire, car il explicite « le passé qui sert de référence aux pratiques et aux discours sur la culture » (p. 43). L’auteur passe ainsi en revue les « marqueurs » (p. 69), tels l’enterrement du placenta, les danses, les chants, le tatouage, etc., qui caractérisent l’identité mā’ohi et desquels il est difficile de dire jusqu’où remonte la pratique avant la période coloniale (chap. 3). Par l’étude de ces « marqueurs », l’auteur montre qu’il est possible de saisir les traits constitutifs de cette identité, passée et présente, car ils témoignent de l’évolution des « conceptions de la personne et de l’identité collective » (p. 97) en Polynésie française (chap. 4). La deuxième partie, « L’identité mā’ohi contemporaine » (p. 99-157), introduite par un préambule réflexif sur « le temps de l’enquête » (p. 100) dont les premières données datent de près de vingt ans aujourd’hui, est consacrée à l’usage politique de la culture par les mouvements associatifs (chap. 5), les pouvoirs publics (chap. 6) et l’Église protestante (chap. 7). Plus courte, celle-ci n’en est pas moins importante, car c’est là que sont définis les acteurs sur lesquels porte l’enquête. En s’intéressant à ces trois formes d’institution de la culture et à leurs relations respectives, cette partie détaille les aspects fédérateurs autant que conflictuels qui font de la culture une oeuvre collective comme un enjeu de pouvoir. Enfin, la troisième partie, « La culture en acte » (p. 159-282), s’attarde sur les éléments constitutifs de la culture polynésienne, en tant qu’elle est vécue ou, en un sens, revécue. Alevêque rappelle que « s’il ne revient pas à l’anthropologue de dire ce qui est culturel ou non, en revanche, il est nécessaire d’identifier les logiques de désignations locales » (p. 160). Là où les deux premières parties ont planté le décor, pour reprendre une expression de l’auteur (p. 160), cette troisième partie représente le coeur de l’ouvrage. Dense, mais fluide, elle mobilise un riche matériel ethnographique en dialogue avec des théoriciens comme Erving Goffman (1991), et son analyse des cadres de l’expérience, ou encore Gregory Bateson (1977), …

Padlock

Access to this article is restricted to subscribing institutions and individuals; only the abstract or an excerpt is displayed.

Please view our access options for more information.

Access options

Appendices